Le Prix Goncourt des Lycéens 2014

Depuis 1988, Le ministère chargé de l’éducation nationale et la Fnac organisent le Prix Goncourt des lycéens avec l’accord de l’académie Goncourt. L’objectif est de faire découvrir aux lycéens la littérature contemporaine et de susciter l’envie de lire. Le Goncourt des lycéens permet à près de 2 000 élèves de lire et d’étudier la sélection de romans de la liste du Goncourt. Une cinquantaine de classes de lycéens âgés de 15 à 18 ans, issus de seconde, première, terminale ou BTS, généralistes, scientifiques ou techniques sont concernées. La sélection des classes est basée sur la motivation des enseignants. 

Après l’annonce des livres sélectionnés pour le Prix Goncourt par les membres de l’académie Goncourt, la Fnac remet les ouvrages de la liste à chaque classe. Les lycéens ont deux mois pour lire les romans, avec l’aide des enseignants. Pendant cette intense période de lecture, des rencontres régionales sont organisées entre auteurs et lycéens.

À l’issue de l’étude des livres, les classes élisent un délégué pour présenter leur tiercé de livres gagnants et défendre leurs choix lors de délibérations régionales. Elles ont lieu dans six villes de France. Chaque région choisit ses deux représentants et son tiercé de livres gagnants. Une finale se tient ensuite à Rennes, berceau du Prix. À l’issue des délibérations, le Prix Goncourt des lycéens est proclamé et rendu public.

Le jury constitué par les délégués régionaux et étrangers réunis à huis clos à Rennes, élisent le 27e Prix Goncourt des Lycéens.

Le calendrier 2014

  • 4 septembre 2014 : publication de la liste d’ouvrages sélectionnés par les membres de l’académie Goncourt, suivie de l’envoi des livres par la Fnac aux établissements et le début des lectures par les classes
  • du 7 au 17 octobre 2014 : organisation par la Fnac de sept forums régionaux (rencontres avec des écrivains), puis délibérations en classe dans sept villes de France
  • 13 novembre 2014 : délibérations régionales
  • 18 novembre 2014 : délibérations nationales à Rennes et proclamation du lauréat

 

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Les ouvrages sélectionnés pour le 27e Prix Goncourt (2014) des lycéens sont :

Constellation, Adrien Bosc, Stock
Contre-enquête, Kamel Daoud Meursault, Actes Sud
On ne voyait que le bonheur, Grégoire Delacourt, JC Lattès
Ce sont des choses qui arrivent, Pauline Dreyfus, Grasset
Le roi disait que j’étais diable, Clara Dupont Monod, Grasset   [Yaki vous en parle ici ]
L’ordinateur du paradis, Benoît Duteurtre, Gallimard
Charlotte, David Foenkinos, Gallimard   [Yaki vous en parle ici ]
Les tribulations du dernier Sijilmassi, Fouad Laroui, Julliard
La femme qui dit non, Gilles Martin-Chauffier, Grasset
Karpathia, Mathias Menegoz, POL
L’amour et les forêts, Eric Reinhardt, Gallimard
La ligne des glaces, Emmanuel Ruben, Rivages
Pas pleurer, Lydie Salvayre, Seuil
La peau de l’ours, Joy Sorman, Gallimard
Tristesse de la terre, Eric Vuillard, Actes Sud


L’historique :  les Lauréats du Prix Goncourt des Lycéens

  • 2013 : Le Quatrième Mur, Sorj Chalandon, Grasset
  • 2012 : La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, Joël Dicker, Éd. de Fallois
  • 2011 : Du domaine des murmures, Carole Martinez, Gallimard
  • 2010 : Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, Mathias Enard, Actes Sud
  • 2009 : Le club des incorrigibles optimistes, J-Michel Guenassia, Albin Michel
  • 2008 : Un brillant avenir, Catherine Cusset, Gallimard
  • 2007 : Le Rapport de Brodeck, Philippe Claudel, Stock  [Lola vous en parle ici ]
  • 2006 : Contours du jour qui vient, Léonora Miano, Plon
  • 2005 : Magnus, Sylvie Germain, Albin Michel  [Lola vous en parle ici ]
  • 2004 : Un secret, Philippe Grimbert, Grasset
  • 2003 : Farrago, Yann Apperry, Grasset
  • 2002 : La mort du Roi Tsongor, Laurent Gaudé, Actes Sud
  • 2001 : La Joueuse de Go, Shan Sa, Grasset
  • 2000 : Allah n’est pas obligé, Ahmadou Kourouma, Seuil
  • 1999 : Première Ligne, Jean-Marie Laclavetine, Gallimard
  • 1998 : Mille six cents ventres, Luc Lang, Fayard
  • 1997 : Le Maître des paons, Jean-Pierre Milovanoff, Julliard
  • 1996 : Instruments des ténèbres, Nancy Huston, Actes Sud
  • 1995 : Le Testament français, Andrei Makine, Mercure de France
  • 1994 : Belle-mère, Claude Pujade-Renaud, Actes Sud
  • 1993 : Canines, Anne Wiazemsky, Gallimard
  • 1992 : L’île du lézard vert, Eduardo Manet, Flammarion
  • 1991 : Les Filles du calvaire, Pierre Combescot, Grasset
  • 1990 : Le petit prince cannibale, Françoise Lefèvre, Actes Sud
  • 1989 : Un grand pas vers le bon dieu, Jean Vautrin, Grasset
  • 1988 : L’Exposition coloniale, Erik Orsenna, Seuil

 

Retrouvez ces infos sur le site du gouvernement http://www.education.gouv.fr/cid53225/le-prix-goncourt-des-lyceens.html

Yaki lit "Le roi disait que j’étais diable" de Clara Dupont-Monod

Le roi disait que j’étais diable / Clara Dupont-Monod, Ed. Grasset, 240 p.

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Dans ce roman, Clara Dupont-Monod raconte de manière très romancée la vie d’Aliénor d’Aquitaine pendant son mariage avec Louis VII. Il est divisé en deux parties. La première partie s’étend du mariage d’Aliénor avec Louis VI le gros, futur roi Louis VII, jusqu’au départ du couple royal pour Antioche (Turquie) lors de la deuxième croisade. Dans cette première partie, le récit alterne la vision d’Aliénor sur son mariage, sur le roi et sur les événements et la vision de Louis amoureux fou d’Aliénor, amour absolument pas partagé. L’alternance des deux points de vue qui se répondent sans jamais se rejoindre est bien vue, cela apporte un éclairage intéressant sur les personnalités très différentes d’Aliénor et de Louis et sur les événements historiques, même s’il s’agit de l’interprétation de l’auteur.

La deuxième partie relate la croisade de Louis VII jusqu’à l’annulation du mariage pour cause de consanguinité et est raconté par Raymond de Poitiers, prince d’Antioche et oncle d’Aliénor.

Ce roman est intéressant pour découvrir le Moyen-Age et deux personnages clés de l’époque mais il vaut mieux bien connaître cette période historique ou avoir lu auparavant une bonne biographie d’Aliénor d’Aquitaine ou de Louis VII pour vraiment l’apprécier. Les personnalités d’Aliénor et de Louis ne sont pas très attachantes, Aliénor est trop froide et distante et Louis trop soumis à la volonté de son épouse. De plus, le récit souffre de longueurs et d’un côté répétitif parfois un peu lassant.


http://www.lefigaro.fr/livres/2014/08/21/03005-20140821ARTFIG00011–le-roi-disait-que-j-etais-diable-vive-la-reine-alienor.php

Une petite bio d’Aliénor d’Aquitaine : http://www.histoire-en-ligne.com/spip.php?article936

 

Lola lit "Le Chapeau de Mitterrand"

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Réjouissant ce petit roman pioché fortuitement dans les rayonnages de la bibliothèque. Un livre dont j’ignorais l’existence écrit par un parfait inconnu (pour moi) et finalement, une jubilation.

Dans ce roman rondement mené, François Mitterrand oublie, un jour, son célèbre chapeau, un feutre noir, dans une brasserie où il déjeune d’huîtres. Daniel Mercier, petit comptable qui n’en revient toujours pas de manger à la table voisine du président de la République, après bien des hésitations, s’en empare, s’en coiffe et le fait sien… jusqu’à ce qu’il l’oublie, à son tour dans un train. Il est récupéré par une jeune femme, Fanny Marquant, qui rejoint son amant, et qui après quelques jours, laissera le chapeau "suivre son destin". Deux autres têtes, celles de Pierre Aslan et Bernard Lavallière s’en couvriront avant qu’il ne termine sa route…

Je ne vous en dis pas plus, sauf peut-être que ce chapeau n’est pas si anodin, il agit comme une amulette et infléchit, durablement, la vie de ceux qui le portent.

Du bonheur !! C’est drôle, subtil, original, bien écrit, les personnages sont riches et attachants, l’intrigue est facétieuse. On se replonge avec délectation dans les années 80, personnalités, musiques, films, références qui trouvent leur place spontanément dans l’histoire.

J’ai beaucoup aimé, je vous le conseille vivement si vous voulez passer un agréable moment avec des gens intéressants qui ont des trucs sympa à raconter :)


mitterrandMitterrand et son chapeau qui faisait partie du personnage, tout comme l’écharpe, le manteau noir et les labradors. Ce chapeau donnait à l’homme politique une prestance et une autorité qui m’impressionnaient.

Lola lit "Le liseur du 6h27"

le-liseur-de-6h27-01Guylain Vignolle est « ni beau, ni laid, ni gros, ni maigre », il partage sa vie avec Rouget de Lisle, le poisson rouge cinquième du nom, Yvon le gardien de l’usine qui parle en Alexandrins, et le vieux Giuseppe un ancien collègue qui s’est mis en tête de retrouver ses jambes qu’il a perdu dans un accident au travail. Ouvrier dans une usine qui passe les livres au pilon, Guylain fait la lecture dans le métro des feuillets qu’il sauve des griffes de la Zerstor 500, la machine broyeuse. Tous les jours, à la même place, à la même heure, il retrouve ses auditeurs habituels très attentifs. Un jour, il découvre une clef usb coincée derrière le strapontin du métro. Rentré chez lui, il décide d’en lire le contenu pour trouver une indication qui lui permette de retrouver son propriétaire. Il découvre avec enthousiasme 72 fichiers qu’il ouvre dans l’ordre. Ce sont de petits textes dans lesquels une certaine Julie, la trentaine, dame-pipi de profession raconte sa vie. Guylain partage ses textes dans le métro et au fil de ses lectures, s’attache à Julie, jusqu’à tomber amoureux d’elle. La rencontrer devient sa quête…

C’est dommage parce qu’au début, on plonge dans un univers intéressant, celui de l’usine avec des personnages aux caractéristiques prometteuses, j’ai adoré l’idée de ces petits morceaux de littérature sauvés du pilon. Du coup, je ne m’attendais pas à ce que Guylain tombe si simplement amoureux d’une inconnue, qu’il la cherche et la trouve tout aussi simplement. Et surtout, je n’ai pas été touchée, à la différence de Guylain, par la prose de Julie, qui m’a laissée de marbre. Ce premier roman de Jean-Paul Didierlaurent a bénéficié d’un tel engouement que je me suis précipitée pour le lire. Bon finalement, c’est un petit roman qui se lit rapidement, dont l’histoire est agréable et l’écriture plutôt plaisante.



http://www.lexpress.fr/culture/livre/le-liseur-du-6h27-ce-livre-vendu-dans-25-pays-avant-sa-parution_1543719.html

http://www.franceculture.fr/emission-le-carnet-du-libraire-le-liseur-du-6h27-de-jean-didierlaurent-par-la-librairie-le-cypres-a-

http://www.20minutes.fr/culture/1388141-le-liseur-de-6h27-futur-best-seller-de-l-ete

http://www.rtl.fr/culture/arts-spectacles/laissez-vous-tenter-le-liseur-du-6h27-de-jean-paul-didierlaurent-un-conte-plein-d-humanite-7772563576

https://www.youtube.com/watch?v=eQ4p9UQCZbw

https://www.youtube.com/watch?v=xGQNrhLpFaI

Yaki lit "Le dernier gardien d’Ellis Island" de Gaëlle Josse

lederniergardienLe dernier gardien d’Ellis Island / Gaëlle Josse,   Ed. Noir sur Blanc, 176 p.

Il reste neuf jours avant la fermeture définitive du centre d’immigration d’Ellis Island quand le directeur, John Mitchell, resté seul dans le centre commence à écrire ses mémoires. Il raconte les 45 années qu’il y a passé, seul au tout début puis avec sa jeune épouse Liz puis à nouveau seul. Il raconte ses souvenirs, les immigrants qu’il a rencontrés, Nella la jeune Sarde dont il tomba amoureux, son frère un peu débile qui ne pouvait pas rentrer aux Etats-Unis, d’autres encore dont il nous raconte le passage plus ou moins bref à Ellis Island.

Le récit de Mitchell est le prétexte idéal pour raconter ce lieu, porte d’entrée pour une nouvelle vie, enfin si les multiples tests de santé et entretiens le permettent parce que pour entrer aux Etats-Unis il faut "rentrer dans les cases".

L’écriture délicate de Gaëlle Josse permet de vraiment visualiser les lieux et le calvaire de ces arrivants, leurs espoirs, leurs désillusions, le quotidien aussi de ceux qui travaillent dans cette "prison".

Un beau roman.

 

Lola lit "Le pianiste afghan"

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Laïly a 6 ans quand elle quitte l’Afghanistan avec sa mère et sa sœur aînée. Les russes ont envahi le pays, emprisonné son père et ses amis intellectuels. La petite fille est un peu triste de laisser Milad, son amoureux et sa grand-mère mais ses parents lui ont dit que c’était comme des vacances.

Mais arrivée en France, les vacances tournent au cauchemar pour Laïly qui ne comprend pas la langue, n’a pas d’amis et s’ennuie de son tendre papa. Mais le jour où il les rejoints, le fossé qui les sépare est infranchissable.

Laïly grandit, elle étudie, passe son bac, flirte, se fait une amie, la perd. Elle vit, comme toutes les jeunes filles de son âge. Jusqu’au 11 septembre, une date qui va bouleverser sa vie, faisant ressurgir son enfance dans son Afghanistan natal. Elle pense à Milad, ils s’étaient jurés de vieillir ensemble, elle doit le retrouver et décide de partir à son tour en Afghanistan.

Mais son pays a changé, elle ne reconnaît rien ; où sont ses voisins, les enfants, les femmes élégantes qui se promenaient en riant ? Les rues sont vides, femmes sont voilées, le pays est saccagé et surtout Milad n’est plus là. 

C’est Markiz la sœur d’un ami de son père qui va aider Laïly dans la quête de son amour d’enfance. Une quête dangereuse dans un pays où les femmes vivent recluses sous une burka, une quête dont le résultat va anéantir Laïla.

Certains événements de l’Histoire sont ici racontés du point de vue d’une petite fille innocente, qui ne comprend pas, qui subit, qui souffre. Ce tout petit roman a reçu des prix, celui du festival du premier roman de Chambéry et le prix Méditerranée des lycéens en 2012, des prix que je ne lui aurais sans doute pas attribués. Il manque quelque chose à cette histoire, à ces personnages, à cette écriture. Je n’ai pas été touchée par Laïly, j’ai trouvé les personnages inachevés, l’écriture sans attrait particulier et le rythme plat. Ce n’est pas une lecture désagréable mais un peu trop convenue à mon goût.

 

Lola lit "En finir avec Eddy Bellegueule"

Un roman offert par les éditions Seuil que je remercie vivement.

Eddy Bellegueule me faisait de l’oeil depuis un moment, j’avais très envie de découvrir ce jeune prodige dont tout le monde parlait. Nous nous sommes rencontrés cet été et je l’ai adoré !

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Ce roman forcément autobiographique (?) raconte l’enfance et l’adolescence d’Eddy, ce jeune garçon aux allures de gonzesse, né de parents prolo, racistes, homophobes, élevé dans un bled du Nord. Eddy, le sensible qui préfère la danse au foot, la proximité des garçons à celle des filles, mais qui lutte contre ces mauvaises attitudes de son corps, qui essaie de marcher sans se balancer, de baisser ce petit doigt qui se relève tout le temps, de poser sa voix, de prendre des airs de brute pour ressembler à ce qu’est un homme, un vrai, un qui castagne, qui pue, qui pète, qui jure, qui gueule, qui picole, qui distribue des beignes. Mais las, rien n’y fait, alors Eddy baisse les bras, s’accepte et fuit cette misère.

Eddy a souffert ; moqueries, humiliations, tortures, mépris… Il a dû vivre l’enfer. Pourtant, il n’y a pas de colère dans ce récit, aucun reproche, juste deux mondes que tout oppose, enchaînés par le seul lien du sang. Eddy Bellegueule ne semble pas fâché, il ne blâme personne, il n’est pas tombé dans la bonne famille, c’est tout, il a essayé de coller à ce qu’on attendait de lui, n’a pas réussi, il est alors parti se construire ailleurs. Et en cela, son roman est, pour moi, une réussite car ce n’est pas le témoignage poignant, terrible et accablant d’un homosexuel incompris et rejeté, ce n’est pas non plus un livre vengeur où des horreurs sont déballées, où la rancune côtoie l’amertume. Je l’ai lu comme une fiction sans pathos, sans émotion exacerbée, soigneusement écrite.


En lien avec l’oeuvre et l’auteur :

http://www.franceculture.fr/oeuvre-en-finir-avec-eddy-bellegueule-de-edouard-louis

http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20140311.OBS9267/qui-est-vraiment-eddy-bellegueule.html

http://www.courrier-picard.fr/region/les-deux-visages-d-eddy-bellegueule-ia0b0n306422