Lola lit Avant d’aller dormir de S.J. Watson

avant-daller-dormirChristine se réveille chaque matin en se demandant qui elle est. Depuis son accident, elle est amnésique et oublie absolument tout, sauf quelques scènes de son enfance et d’adolescence. Et chaque matin, Ben, l’homme à côté duquel elle se réveille et qui est son mari lui raconte sa vie, son fils Adam, mort en Afghanistan, l’incendie de la maison qui a ravagé toutes les photos et enfin l’accident. Mais un matin, elle reçoit un appel téléphonique, le docteur Ed. Nash lui donne RDV et lui explique qu’il s’occupe d’elle en douce de son mari qui souhaite qu’on leur fiche la paix. Il lui propose d’écrire un journal. Et c’est là que les ennuis commencent… Ben ment, pour son bien à elle ou pour le sien ? Des souvenirs refont surface, une agression dans une chambre d’hôtel, un homme qu’elle ne voit pas, et sa meilleure amie Claire, l’a-t-elle vraiment laissée tomber ? Adam est-il vraiment mort sur un champ de bataille ? Qui est Ben ? Qui est-elle ?

Le même thème que la vie d’une autre de F. Deghelt dont j’ai parlé ici mais exploité à l’américaine, et un vrai suspens à l’américaine, de temps en temps, c’est agréable. Bon c’est un peu répétitif et à un moment, j’ai eu hâte que ça se termine, j’avais vraiment envie de savoir.

Lisez-le, il pourrait vous empêcher de dormir :P

Et moi, je vais aller voir l’adaptation ciné de Rowan Joffe avec Nicole Kidman dans le rôle de Christine. Bande Annonce.

Lola lit Le collier rouge

Le-collier-rouge

1919, Jacques Morlac, héros de guerre, décoré de la Légion d’honneur, attend pourtant son procès dans une cellule gardée par Raymond Dujeux le geôlier, pour l’acte impardonnable qu’il a commis. Hugues Lantier du Grez, un juge militaire d’une trentaine d’année, vient de Paris traiter, espère-t-il, sa dernière affaire, il veut se retirer de la vie militaire. Sur la place de cette petite ville du Berry, en face de la caserne, Guillaume le chien du prisonnier, écrasé par la chaleur de l’été, hurle du matin au soir.

Jean-Christophe Rufin sait écrire des histoires. Celle-ci, un huis clos tiré d’une histoire vraie est courte mais intense, mettant en scène des sentiments nobles, loyauté, fidélité, respect, nous parle des hommes, de leurs faiblesses, de leurs peurs, de leur force aussi, l’auteur nous raconte ce qui fait le cœur des hommes. Un roman magnifique ! <3 <3 <3


http://www.gallimard.fr/Media/Gallimard/Entretien-ecrit/Entretien-Jean-Christophe-Rufin.-Le-collier-rouge

http://www.lexpress.fr/culture/livre/avec-le-collier-rouge-jean-christophe-rufin-fait-mouche_1503454.html

Lola regarde Elle l’adore

elleladoreSandrine Kiberlain est Muriel, esthéticienne, un peu menteuse et grande fan du charismatique Vincent Lacroix. Alors évidemment lorsqu’elle raconte que son chanteur adoré a débarqué chez elle en pleine nuit pour lui demander de l’aider à se débarrasser du corps de sa femme, son ami avocat ne la croit pas et lui conseille d’arrêter de raconter des salades, surtout dans la gendarmerie qui enquête sur le meurtre de Julie, la femme de Vincent. Pourtant pour une fois qu’elle tient une histoire intéressante et vraie, on la sent un peu déçue de devoir y renoncer.

J’aime beaucoup Sandrine Kiberlain, j’aime sa sensibilité à fleur de peau, elle semble toujours au bord de l’éclat de rire ou des larmes. Elle joue admirablement les ingénues au début du film puis elle devient grave, et se libère à la fin. Un joli rôle qui lui va très bien, fait juste pour elle, du sur-mesure. J’ai découvert Laurent Laffite qui ne m’avait pas convaincue dans Les petits mouchoirs (mais personne ne m’a convaincue dans ce film). Lui aussi il assure dans ce rôle qui évolue mais à l’inverse de celui de Muriel ; un peu égocentrique au début, comme on imagine bien que les célébrités doivent l’être, sa confiance en lui va s’ébranler au cours du film et il termine complètement largué.

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Une belle découverte, j’y suis allée à l’aveugle, en ayant juste vu la bande annonce et j’ai été séduite. De beaux acteurs qui jouent bien, un scénario qui tient la route, un film plutôt bien réussi. <3

BRAVO à la toute jeune réalisatrice Jeanne Herry, fille de Julien Clerc et de Miou-Miou et aux seconds rôles, les commissaires, Pascal Demolon et Olivia Côte.

Lola lit Le cas Eduard Einstein de Laurent Seksik

Je lis le soir. Deux, trois ou quatre heures chaque soir avant de m’endormir. Et si je me réveille la nuit et que le sommeil me fuit, je lis une heure ou deux, le temps de le rattraper.

Lire Le cas Eduard Einstein a provoqué un véritable dilemme. J’avais hâte de m’y replonger chaque soir et je regrettais de le lire si rapidement.

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Voilà, c’est fini, je l’ai lu… et je le relirai tant l’histoire des Einstein m’a passionnée. De cet éminent scientifique, prix Nobel de physique en 1921, on connaît E=mc2 et sa célèbre photo où, facétieux, il tire la langue à l’objectif.

On sait moins qu’il était le mari de Mileva Maric, une brillante jeune femme qu’il rencontra sur les bancs de la célèbre école Polytechnique de Zurich, qui lui sacrifia sa carrière et lui donna trois enfants, une première fille, Lieserl dont la naissance sera gardée secrète, abandonnée puis décédée de la scarlatine à quelques mois, Eduard, le dernier né atteint de schizophrénie à 20 ans et, entre les deux, Hans-Albert le seul digne d’être un Einstein. Albert abandonna cette charmante famille un jour sur le quai de la gare de Berlin pour se lier à sa cousine Elsa.

Eduard, Mileva, Hans-Albert, en 1914 à Zurich.

Eduard, Mileva, Hans-Albert, en 1914 à Zurich.

On plonge au cœur de cette famille dont le père est quand même LE génie du XX° siècle, le type qui  »a changé par sa théorie fondamentale de la relativité, la conception humaine du temps, de l’espace et de l’univers, bouleversant la pensée scientifique et philosophique ». Une famille avec son lot de souffrances ; la mort d’un enfant, la séparation, la maladie, la guerre, l’exil… Mais dans ce récit, l’auteur évite les clichés, mère abandonnée éplorée dépressive, père volage immature, enfants traumatisés et revanchards… au contraire, le courage de Mileva, la culpabilité d’Albert sont exposés.

Albert et Elsa Einstein

Elsa et Albert Einstein

La construction du roman est très intéressante, un chapitre que l’auteur consacre à la famille et un chapitre où Eduard 20 ans, hospitalisé pour la première fois suite à une crise de démence prend la parole et raconte. Et ce sont ces chapitres que j’avais hâte de retrouver. C’est incroyable à quel point ils sonnent juste, on entre dans le système de pensée du malade, on est saisi par ses réflexions pleines de bon sens. Eduard était un enfant brillant, et  » la schizophrénie n’affecte pas à proprement parler l’intelligence du malade mais occasionne souvent un certain nombre de déficits cognitifs qui perturbent et diminuent la capacité de la personne à réagir de manière appropriée avec son milieu. »

Albert et Eduard à la clinique de Burghölzli en Suisse en 1933 lors de leur toute dernière rencontre.

Albert et Eduard à la clinique de Burghölzli en Suisse en 1933 lors de leur toute dernière rencontre.

J’ai trouvé attachants tous les personnages de cette histoire déchirante, et particulièrement Eduard bien sûr. J’ai aimé que l’auteur me parle d’eux, de cette façon. Une lecture que je ne suis pas prête d’oublier !

 


http://www.fnac.com/Le-cas-Eduard-Einstein-Interview-Laurent-Seksik-Selection-Prix-du-Roman-Fnac-2013/cp21956/w-4

http://culturebox.francetvinfo.fr/livres/romans/le-cas-eduard-einstein-la-relativite-des-sentiments-143171

http://www.liberation.fr/culture/2013/10/02/toute-la-verite-sur-le-fils-d-einstein_936504

Lola lit Dimanches d’août de Modiano

Difficile de raconter un roman de Modiano sans tout dévoiler, il y a si peu de choses et qui tiennent à un fil.

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Tout commence par une rencontre, ou plutôt un accrochage entre un certain Villecourt et Jean le narrateur. Tout commence comme un roman noir, un prénom de femme Sylvia, une disparition, un gros diamant, un couple d’américains fantomatiques, la fuite, la peur… L’atmosphère est trouble, tendue, mais contrairement à un polar classique, beaucoup de questions resteront ici sans réponses. Les indices, les infos sont distillés au compte goutte et dans le désordre. L’auteur nous donne peu, on ne sait presque rien des personnages, on ne connait de l’intrique que l’essentiel mais j’aime l’ambiance des romans de Modiano, j’y trouve une certaine latence, une nonchalance malgré la noirceur des thèmes. C’est le genre de roman que je relis régulièrement, je sais que ça sera rapide, que je ne serai pas déçue, vite lu vite oublié, ne subsistera qu’une sensation agréable, particulière.

Lola lit Les perroquets de la place Arezzo

Certains habitants de la place Arezzo, un des quartiers les plus chics de Bruxelles, reçoivent une lettre d’amour anonyme, signée « qui tu sais ». Chacun croit savoir qui est « qui tu sais » et c’est parti pour la grande danse des quiproquos.

arezzocouvUne galerie de personnages dont aucun ne m’a touchée : un clone de DSK dépendant sexuel qui se jette et force tout ce qui bouge (ou pas) et sa femme Rose stoïque + la jumelle de Dita Von Teese, stripteaseuse, froide, prétentieuse, opportuniste + un directeur de galerie petit et moche qui pour se venger ne s’entoure que de beauté + un jardinier, copie de John Rowland celui qui s’occupe du jardin de Gabrielle Solis à Wisteria Lane + sa fille petite surdouée adorable + son collègue nain + Victor un jeune séropositif qui se ronge de porter la mort + Melle Beauvert une bourgeoise adepte des casinos qui entretient une relation très particulière avec son perroquet + une fleuriste lesbienne odieuse + une mère de famille catho lesbienne aussi et son mari François-Maxime qui se tape des mecs dans des sous-bois + un couple d’homosexuel, l’un grande folle l’autre jeune cadre dynamique + un couple sado-maso échangiste + Quentin l’ado qui découvre l’amour avec la maîtresse de son père + Marcelle la concierge qui vit une histoire fortement sexuelle avec un Afghan, père de famille + Albane l’ado qui se déguise en mini pute pour séduire l’amant de sa mère… je continue ou ça suffit ?!

Dans ce pavé de 736 pages, trop de personnages, de clichés et de sexualité, à la limite de l’écœurement ! Non, décidément ce dernier roman de EE. Schmitt ne m’a pas convaincue. Je préfère rester sur La femme au miroir que j’avais beaucoup aimé.

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La seule chose qui m’a plu dans ce roman c’est l’existence de la place d’Arezzo avec ses perruches vertes qui s’y sont installées depuis des années, un peu d’exotisme au cœur de la Belgique. Article ici

Lola lit « La mauvaise rencontre »

Dans son roman, Philippe Grimberg, psychanalyste et écrivain, écrit « On ne devient pas psychotique, on l’est ! » Et « l’apparition des symptômes (était) souvent le fruit de ce qu’il (le professeur) a appelé une mauvaise rencontre » . Ça fait froid dans le dos, non ?!

La mauvaise rencontre (2009) c’est le titre de ce troisième roman, après Un secret (2004) et La petite robe de Paul (2001), que j’avais aimés.

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Ici, Loup, le narrateur, rencontre Mando au bac à sable ; ils ont 4 ans, c’est le début d’une longue amitié inconditionnelle, ils se promettent l’éternité, à la vie à la mort, un lien que rien ne pourra jamais défaire, ils vont grandir ensemble, soudés (malgré les petites trahisons de Loup qui n’a pas le caractère déterminé de Mando). Mais à l’entrée à l’université, l’un et l’autre prennent des chemins différents ; Loup la psychanalyse et Mando le droit. Les rencontres vont s’espacer, leurs idées diverger, leurs intérêts différer, et finalement ils vont se perdre, jusqu’à l’appel inquiétant de Mando.

Je ne peux pas en dire plus de peur d’altérer le récit. Même si dès la première page, l’auteur nous prévient que les deux âmes sœurs vont être désunies, ce que l’on ignore et que l’on ne peut imaginer c’est d’où va surgir la menace.

Un roman très intéressant, l’écriture est sobre laissant ainsi tout l’espace à  l’analyse de l’intrigue. Troublant car il touche un domaine abscons, inaccessible. Inquiétant car on s’interroge sur les rencontres, bonnes ou/et mauvaises, que l’on a faites, que l’on a été, et sur l’extrême fragilité de l’équilibre de nos vies. Le troisième roman de Philippe Grimberg que je lis et qui me plaît.

ungarçonsingulier

Je voudrais lire Un garçon singulier dont l’histoire me tente.