Yaki lit "Romicide", un roman noir

Romicide / Gianni Pirozzi, Ed. Rivages/Noir, 203 p.
romicideLe corps torturé d’un vieil homme est retrouvé près de Rennes. Il a été torturé au fer à souder. L’inspecteur Rozenn découvre qu’il s’agit d’un Rom hongrois, Bertrand Kertesc, qui vivait dans une aire d’accueil de gens du voyage. Rozenn se heurte très vite au silence de la communauté. L’aire d’accueil est surveillée par Augusto Rinetti, un ex-militant d’extrême gauche, divorcé et père d’un petit garçon qu’il accueille en garde alternée un week-end sur deux. Rozenn le contacte et le convainc, en échange d’une reconduction de son contrat, de mener discrètement son enquête auprès des Roms. Pour pouvoir garder sa maison de fonction et continuer de recevoir son petit garçon, Rinetti finit par accepter. Mais même pour lui, qui est déjà introduit auprès des Roms, collecter des informations s’avère très difficile.

Au-delà de l’enquête plutôt classique c’est la description du milieu des tziganes qui est intéressante, leurs mentalités, leur mode de vie, c’est un milieu fermé avec une vraie méfiance vis à vis des gadjos (une méfiance d’ailleurs réciproque). Mais c’est aussi des veillées conviviales, le sentiment d’appartenance à un même clan.

L’autre intérêt de ce roman réside dans les deux personnages principaux vraiment bien campés, avec leurs faiblesses, leurs désillusions, leurs contradictions, parfois attachants parfois méprisables, deux personnages très complexes.

L’intrigue est bien menée, rien n’est facile ou évident, contrairement à certains polars, ce qui donne un enquête vraiment réaliste avec malgré tout un dénouement assez surprenant.

Une bonne découverte.

PS : Gianni Pirozzi comme son nom ne l’indique pas est un auteur français de romans policiers né le 2 juillet 1968 à Saint-Brieuc.



En lien avec l’oeuvre et l’auteur

http://moisson-noire.over-blog.com/article-romicide-gianni-pirozzi-54962074.html

http://www.encoredunoir.com/article-romicide-de-gianni-pirozzi-87098238.html

 

Lola lit le dernier Deghelt

les brumes de l'apparence

Bouhhh ! Je n’ai pas aimé "Les brumes de l’apparence". Je me suis précipitée pour l’acheter dès sa sortie sans même lire le résumé, tellement sûre de mon coup, tellement hâte de lire un bon bouquin après 2/3 ratés.

Hé bien, j’aurais dû lire le résumé ! La médiumnité, voilà le sujet du livre. Un terme que je ne connaissez même pas et un thème qui ne m’a touché que dans Ghost :P

L’histoire de Gabrielle, caricature de la parisienne de quarante ans, chef d’une caricature d’entreprise spécialisée dans l’événementiel, mariée à une caricature de chirurgien esthétique de renom, horrifiée d’avoir à prendre le train  - le quoi ?! – pour la campagne (no man’s land) où elle doit rejoindre une caricature d’agent immobilier qui va s’occuper de vendre le terrain dont elle vient d’hériter d’une tante dont elle ignorait l’existence !

Il est question d’un oncle, ancêtre maléfique, dévoreur d’enfants, tout ce charmant petit monde de revenants hantent la maison dont les murs dégoulinent de sang humain, avec des pièces "vivantes" où se dessinent fugacement des visages sur les miroirs, avec des portes qui se referment toute seules en enfermant des visiteurs, de fantômes d’enfants qui geignent, d’odeurs de fleurs blanches, de feu, de flammes… Bref, digne d’un film fantastique, j’imagine. Et puis il y a ces lettres anonymes de menaces qui resteront malheureusement anonymes, puisque juste après avoir été découvertes, sont oubliées !

Je suis allée jusqu’au bout, parce que j’avais l’espoir que tout d’un coup Gabrielle se réveille d’un cauchemar. Mais non !

Du coup, pour moi, un roman 0 émotion, 0 intérêt.

Alors vivement le prochain roman de Frédérique Deghelt, que je ne bouderai sûrement pas parce que son écriture est décidément très agréable, et que j’avais vraiment aimé "La vie d’une autre"


Yaki lit "Lulu femme nue"

Lulu femme nue / Etienne Davodeau, Ed. Futuropolis, 80 p.
lulucouvLulu est une femme tranquille, la quarantaine, un mari, trois enfants, une fille de 16 ans et des jumeaux plus jeunes. Elle passe sa vie à s’occuper de tout ce petit monde. Son mari n’est pas vraiment un mari modèle, il est plutôt indifférent, un peu alcoolique. Elle aimerait trouver un emploi mais c’est difficile quand on n’a pas travaillé depuis longtemps. Un jour, après avoir essuyé un nouveau refus, elle décide de ne pas rentrer, elle rentrera demain… Puis elle rencontre une VRP qui lui propose de l’emmener sur la côte. Alors Lulu se laisse convaincre, elle raconte sa vie… Elle n’a rien prévu, elle se laisse aller au gré des rencontres… Elle s’offre quelques jours de liberté dont elle va profiter pleinement.

luluplancheL’histoire nous est raconté par Xavier, un ami de Lulu, puis par sa fille un soir où les amis de Lulu sont réunis. Au commencement, on ne sait pas pourquoi ils sont là, on ne le saura qu’à la fin après avoir imaginé plusieurs scenarii.

Dans cette BD, Etienne Davodeau nous offre un joli portrait de femme, très sensible. Il n’y a pas de jugement, l’histoire est touchante, les personnages émouvants et la mise en images très réussie, les couleurs collent vraiment à l’histoire. Un tout petit bémol pour la fin qui, après une histoire aussi forte, m’a semblé un peu trop ordinaire.

Une belle réussite !

Davodeau


http://www.telerama.fr/livres/lulu-femme-nue,53884.php

http://ulufemmenue.blogspot.fr/

 

Yaki lit "Le chien qui louche"

Le chien qui louche / Etienne Davodeau, 144p., Ed. Futuropolis/Le Louvre

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Fabien est agent de surveillance dans le fabuleux musée du Louvre. Il vit une jolie histoire d’amour avec Mathilde qui l’invite à rencontrer sa famille, son père, ses frères et le grand-père, en province. Quand ils apprennent que Fabien travaille au Louvre, les frères de Mathilde lui montre une toile de leur aïeul, Le chien qui louche, en lui demandant si la toile pourrait trouver sa place au Louvre. Malgré la qualité médiocre de la peinture, Fabien n’ose pas répondre un « non » franc mais il est amoureux… il en parle à un visiteur régulier du musée qui lui propose son aide.

 

Je suis assez partagée sur cette BD. Autant l’idée de départ me paraissait intéressante, autant l’histoire inventée par Etienne Davodeau me paraît trop farfelue, la famille de Mathilde trop caricaturale, l’invention d’une soi-disant confrérie secrète au Louvre trop peu crédible. C’est d’autant plus dommage que la visite du Louvre est drôlement bien faite, à tel point qu’on a envie d’aller un refaire un petit tour. J’ai beaucoup aimé notamment l’analyse des touristes qui prennent tous les mêmes photos, qui sont finalement intéressés uniquement par les œuvres les plus célèbres, la Joconde bien sur et La Victoire de Samothrace, et qui jettent à peine un œil à l’œuvre moins connue juste à côté ! Les dessins en noir et blanc mettent vraiment en valeur les œuvres du musée.

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A découvrir malgré tout.

En lien avec l’oeuvre et l’auteur

Lola lit "La grâce des brigands"

Après la vie de Vera Candida, voici celle de Maria Christina Väätonen. Une nouvelle histoire de femme, de maternité, de famille, de secrets et de culpabilité.

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Dans sa maison rose de Laperouse, son village natal du Grand Nord Canadien, entre un père taciturne, une mère psychorigide et une soeur handicapée, Maria Christina se sent à l’étroit, elle a besoin d’air, de liberté et de soleil. Adolescente, elle s’enfuit et débarque en Californie. Elle y rencontre Rafael Claramunt, grand écrivain incompris, publie "La vilaine soeur" son premier roman, autobiographique, à cause duquel elle se fâche avec sa famille.

Mais 10 ans plus tard, un appel téléphonique de sa mère va lui faire quitter son confort d’auteur à succès pour retourner sur les traces de son enfance, se confronter à ses secrets, ses mensonges et ses drames.

J’ai retrouvé l’écriture particulière et très agréable de Véronique Ovaldé qui m’avait séduite dans "Ce que je sais de Vera Candida" et  "Des vies d’oiseaux". Les thèmes sont graves et douloureux mais l’auteur les développe avec délicatesse et fantaisie.

A ajouter sur la liste "Livres à lire"

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en lien avec l’oeuvre/l’auteur :

- http://www.rtl.fr/emission/laissez-vous-tenter/billet/la-grace-des-brigands-de-veronique-ovalde-un-roman-poignant-sur-l-emancipation-feminine-7764311198

- http://www.franceinfo.fr/livre/le-livre-du-jour/le-livre-du-jour-22-10-la-grace-des-brigands-1185901-2013-10-22

Lola regarde "Effroyables jardins"

Citation

effroyablesjardinsaffiche

Dans les années 50, Jacques fait le clown dans une fête de village à la grande honte de son fils de 14 ans qui trouve son père ridicule. André, le meilleur ami de Jacques, lui explique pourquoi…

L’histoire commence à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Jacques et André font sauter un poste d’aiguillage,  acte de résistance dérisoire pour les beaux yeux de la jolie Louise.   Malheureusement, les allemands désignent 4 otages. André, Jacques, Thierry et Emile sont donc jetés au fond d’un trou et seront fusillés si les coupables ne se dénoncent pas. Les heures passent, les 4 hommes ont peur, se déchirent, se soutiennent. Lâcheté, culpabilité, bravoure, fraternité, amertume, amitié…  Un concentré d’émotions et de sentiments.

dansletrou

Thierry (Thierry Lhermitte – Emile (Benoit Magimel) – Jacques (Jacques Villeret) – André (André Dussollier)

Un film magnifique où les acteurs sont formidables ; le très regretté Villeret, toujours aussi juste, Dussollier épatant comme d’hab et Benoit Magimel, excellent. Je n’aime pas trop Lhermitte mais là, je dois dire que je l’ai trouvé à sa place.  

"Simple, touchant, plein d’humanité et de tendresse" avait écrit Studio à la sortie du film en 2003, il n’y a rien à ajouter…

Lola lit "Plein hiver"


Plein-Hiver-de-Helene-Gaudy

 

 

 

 

 

 

 

À Lisbon petite ville du nord des États Unis, un jour, David, 14 ans, disparaît. 4 ans plus tard, un jeune homme apparaît seul, sur la route.

La rumeur se met en marche, David Horn est revenu. Mais ce retour ébranle la communauté ; Pourquoi plus de méfiance que d’enthousiasme ? Que s’est-il passé pendant ces années, où était-il ? Celui qui revient est-il le même que celui qui est parti ?

C’est un roman troublant, fiévreux, qui ne répond à aucune question, ne résout aucune énigme. Une histoire lourde, remplie de l’absence et du silence. L’ambiance est inquiétante, pesante.La construction du roman ajoute à cette atmosphère en alternant les jours avant la disparition et les journées qui suivent l’apparition. On se demande à quel moment tout va basculer, on attend, fiévreusement mais rien ne vient, à part l’ennui et cette torpeur que l’on finit par partager.

Un roman impossible à lâcher, qui amène à se demander ce qui fait grandir, ce qui nous pousse vers l’avant, qui rappelle que l’on ne connaît pas forcément ceux que l’on aime, que certaines choses nous échappent, qui remplit les espaces laissés vides par les absences, quelles qu’elles soient. Bref une lecture intéressante mais pas du tout reposante ! Que je vous conseille toutefois car il est indispensable de se poser des questions même quand on n’ a pas de réponses.

hélène-gaudy

Plein hiver de Hélène Gaudry écrivain français née en 1979 à Paris. Actes Sud, janvier 2014