C’est ça la France pour Vasiliqi

vasiliqiJe m’appelle Vasiliqi Kume. J’ai 18 ans. J’habite à Korça, en Albanie. Le 19 mai 2015 j’ai obtenu le DELF B2. L’année prochaine, je vais réussir le DALF C1. J’ai passé le DELF parce que je suis élève de la sectionne bilingue au lycée français. Et surtout je vais suivre mes études supérieures de la langue française puise que j’aime devenir traductrice (C’est pourquoi il y a beaucoup de dictionnaires sur les photos). J’ai aussi des autres diplômes p.ex. L’olympiade internationale de la langue française. J’adore la langue française et surtout les animaux. – avec Vaso

C’est ça la France pour Monica

monicaJe m’appelle Monica Niță , j’ai 17 ans et j’habite en Roumanie. Je suis en terminale , profil Philologie bilingue Anglais, au Collège National ‘Mircea cel Bătrân’ , Râmnicu Vâlcea et j’ai passé l’examen de DELF, le niveau B2 , en Février 2015 , dans un lycée de ma ville . J’ai décidé de passer cet examen car j’avais besoin de ce diplôme qui attestait mes connaissances de langue française. Mon rêve est d’étudier en France et maintenant j’ai l’ocassion de le rendre possible. J’aimerais, aussi, devenir une traductrice – interprète dans l’avenir et ce diplôme m’offrira beaucoup d’avantages . Pour le moment , je ne possède pas d’ autres diplômes , mais j’espère passer le niveau C1 ou même C2 bientôt.
J’adore beaucoup de choses de la langue française, mais c’est sa beauté peut être ce que j’aime le plus: J’en suis sûre , vous avez remarqué la musicalité du français, quand on parle. Pour moi , c’est vraiment un plaisir d’écouter quelqu’un parler en français , n’importe ce que ce soit. Aussi, c ‘est son charme , sa subtilité… Le français n’est pas comme les langues germaniques – graves et difficiles- c’est simplement la langue d’amour. Monica

Lola lit Il faut beaucoup aimer les hommes

« Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela ce n’est pas possible, on ne peut pas les supporter. » Marguerite Duras offre à Marie Darrieussecq le titre de ce treizième roman. Je n’en ai lu qu’un, son premier à sa sortie en 96, « Truismes » qui m’avait obsédée, je l’avais trouvé tellement étrange et dérangeant que je ne me suis plus jamais approchée d’un roman de Marie Darrieussecq. Mais je vais m’y refrotter, j’ai envie après avoir lu celui-ci.

truismes ilfautbeaucoup

Elle, actrice française coqueluche d’Hollywood tombe amoureuse lors d’une soirée chez Georges (Clooney, who else ?), d’un homme magnifique. Il est acteur, grand, beau et africain. Elle le dévore des yeux, elle le désire, elle est amoureuse, elle voudrait qu’il la regarde, qu’il la remarque, qu’il l’aime. Il est libre, épris de liberté et surtout, passionné par la réalisation de son premier film, l’adaptation de la nouvelle de Joseph Conrad Au cœur des ténèbres (à lire ici) qui  »relate le voyage de Charles Marlow, un jeune officier de marine marchande britannique, qui remonte le cours d’un fleuve au cœur de l’Afrique noire. […] Le périple se présente comme un lent éloignement de la civilisation et de l’humanité vers les aspects les plus sauvages et les plus primitifs de l’homme, à travers à la fois l’enfoncement dans une nature impénétrable et potentiellement menaçante ». Ce projet l’accapare, il a peu de temps pour elle, vient, repart, disparaît puis refait surface, sûr de lui, sûr qu’elle sera là, à l’attendre. Elle rêve d’obtenir un rôle dans son film, il finit par le lui offrir. Mais qu’obtiendra-t-elle de plus ? L’amour entre un noir et une blanche est-il possible ? Lui donnera-t-il son cœur ?

Ce que raconte ce roman m’a conquise, la fragilité de Solange, l’engagement de Kouhouesso, l’atmosphère un peu étouffante de l’Afrique… mais l’écriture de Marie Darrieussecq me gêne. Trop moderne peut-être, tourmentée, désordonnée, syncopée, chaotique. J’apprécie la prose harmonieuse, les phrases joliment tournées, élégantes, structurées, voire complexes :P Mais non je ne suis pas réac ! Enfin je ne crois pas… Ou en littérature seulement. Je confesse que mon livre de chevet est Mme Bovary et que je me régale des détails des descriptions interminables. En général, j’aime que l’écriture me permette d’accéder à un imaginaire sans m’incommoder, sans être trop présente, trop pesante. C’est rapé avec Marie Darrieussecq, sa façon d’écrire prend beaucoup de place, heureusement l’histoire m’a accrochée et je l’ai dévorée.


http://www.lesinrocks.com/2010/01/09/actualite/marie-darrieussecq-laccusation-de-plagiat-est-une-mise-a-mort-1134747/

http://www.lexpress.fr/culture/livre/marie-darrieussecq-l-ecriture-pour-toujours_805010.html

http://www.lemonde.fr/livres/article/2013/11/12/marie-darrieussecq-recoit-le-prix-medicis-pour-il-faut-beaucoup-aimer-les-hommes_3512383_3260.html

http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20131112.AFP1776/le-prix-medicis-a-marie-darrieussecq-pour-il-faut-beaucoup-aimer-les-hommes.html

http://www.franceinter.fr/emission-le-masque-et-la-plume-5-livres-sous-loeil-de-nos-critiques

http://videos.lexpress.fr/culture/livre/video-faut-il-lire-il-faut-beaucoup-aimer-les-hommes-de-marie-darrieussecq_1291106.html

Lola lit L’audience

orianejeancourt

Oriane Jeancourt Gariglani est journaliste. Et c’est le style parfaitement maîtrisé de son second roman L’audience. Un livre qui ne m’a pas laissée indifférente, qui soulève pas mal de questions. Récit d’un fait divers. 

D’abord la vraie histoire dont l’auteur s’est inspirée : En 2001, au Texas, Brittni Colleps, prof d’histoire de 28 ans, mère de 3 enfants, mariée à un soldat en mission en Afghanistan, est jugée pour avoir eu des relations sexuelles avec cinq de ses étudiants, majeurs et consentants, chacun leur tour puis, comble de l’horreur, tous ensemble ! Elle est condamnée à 5 ans de prison.

brittnicolleps chriscolleps

Dans le roman, Brittni s’appelle Deborah et ce n’est pas avec 5 mais 4 étudiants qu’elle couche. A part ça, c’est la même histoire, découpée ici en quatre parties pour les quatre jours d’audience. L’auteur raconte chaque journée du procès et parallèlement, en mettant en scène les pièces à conviction, donne vie aux faits. Une photo exhibée au tribunal nous conduit tout droit dans la chambre des Aunus où la scène de sexe entre Debbie et Quentin est décrite de façon placide. Un texto, et nous voilà dans la Lexus de Debbie, sur le parking du lycée où elle attend Stephen pour se livrer à une petite partie de jambes en l’air juste avant de rejoindre sa classe… et finalement l’abjecte vidéo de la réunion sexuelle, et nous assistons impuissants à la chute de Debbie.

l'audiencePendant son procès, Deborah ne prononce pas un mot, peut-être parce qu’elle sait déjà que tout est joué, que rien ni personne ne peut la défendre dans cet état du Texas qui interdit à un enseignant d’avoir des relations sexuelles avec un étudiant de son établissement, quel que soit son âge, dans cette Amérique ultra-puritaine qui autorise toute personne majeure à posséder une arme à feu mais s’offusque quand des adultes ont des relations sexuelles consenties. Mais qui sont ceux qui jugent, pour juger un tel acte ? Au nom de quelle morale ? Le crime de Brittni/Debbie est-il d’avoir éprouvé du désir, et d’être passée à l’acte avec des hommes un peu plus jeunes qu’elle ? Il est où le problème ? A qui Brittni/Debbie a-t-elle causé du tort ? A ses étudiants ? qui n’ont pas dû bouder leur plaisir : se taper sa prof, un vieux fantasme… Alors qui a eu à souffrir de cette situation ? Son mari et ses enfants. Ne dit-on pas qu’il faut laver son linge sale en famille, don’t wash your dirty clothes in public (merci Chris pour la traduction :)) ?

J’ai trouvé ce procès abominable, l’acharnement de Liz Lettown, la procureure pour tenter de faire passer cette femme pour une perverse, une anormale, une malade mentale et ainsi justifier une condamnation, elle qui a eu une relation adultère avec le juge. Le mépris des jurés, dont un trouve là enfin le rôle de sa vie. Et l’autre qui frôle la syncope en regardant la vidéo où les corps s’emmêlent. D’ailleurs, Debbie et ses petits amis auront finalement profité assez peu, un mois seulement au terme duquel, un quatrième larron, David, se joint à eux, la fameuse soirée de l’orgie, il contourne les règles tacites, filme la scène et le visage de Debbie en gros plan et poste tout ça sur les réseaux sociaux.  Ah les joies de la vie en province où tout le monde se connaît, se surveille, se jauge, se juge et condamne.

texas

Dans ce roman pourtant, les actes ne sont pas jugés, les personnes non plus, pas de tentatives d’explications psychologiques, pas de recherches dans le passé de névroses ou de traumatismes pour expliquer. Pourquoi Debbie passe à l’acte, pourquoi sa mère l’enfonce, pourquoi son mari est si charitable, de quoi se venge David ? Dans ce roman, on n’explique pas, on décrit. Pas de pathos, ni de sentiments, ni d’émotions, excepté les nôtres. Alors évidemment difficile de prendre parti, on est seul avec nous-même et face à nos questions, nos convictions. Quant à moi, je ne décolère pas, je trouve cette justice injuste, ce déballage de la vie intime abject, je pense à Brittni Colleps, comment va-t-elle se reconstruire après ça ? Qu’a-t-elle fait de mal, à qui ? On l’a enfermée, privé ses enfants de leur mère, le mari déjà humilié doit en plus gérer la situation, faire face aux regards… Pouah !! Quel gâchis, c’est cher payer je trouve.


http://abcnews.go.com/US/brittni-colleps-texas-teacher-group-sex-students-shes/story?id=17338821

Lola lit Avant d’aller dormir de S.J. Watson

avant-daller-dormirChristine se réveille chaque matin en se demandant qui elle est. Depuis son accident, elle est amnésique et oublie absolument tout, sauf quelques scènes de son enfance et d’adolescence. Et chaque matin, Ben, l’homme à côté duquel elle se réveille et qui est son mari lui raconte sa vie, son fils Adam, mort en Afghanistan, l’incendie de la maison qui a ravagé toutes les photos et enfin l’accident. Mais un matin, elle reçoit un appel téléphonique, le docteur Ed. Nash lui donne RDV et lui explique qu’il s’occupe d’elle en douce de son mari qui souhaite qu’on leur fiche la paix. Il lui propose d’écrire un journal. Et c’est là que les ennuis commencent… Ben ment, pour son bien à elle ou pour le sien ? Des souvenirs refont surface, une agression dans une chambre d’hôtel, un homme qu’elle ne voit pas, et sa meilleure amie Claire, l’a-t-elle vraiment laissée tomber ? Adam est-il vraiment mort sur un champ de bataille ? Qui est Ben ? Qui est-elle ?

Le même thème que la vie d’une autre de F. Deghelt dont j’ai parlé ici mais exploité à l’américaine, et un vrai suspens à l’américaine, de temps en temps, c’est agréable. Bon c’est un peu répétitif et à un moment, j’ai eu hâte que ça se termine, j’avais vraiment envie de savoir.

Lisez-le, il pourrait vous empêcher de dormir :P

Et moi, je vais aller voir l’adaptation ciné de Rowan Joffe avec Nicole Kidman dans le rôle de Christine. Bande Annonce.