Lola enquête sur l’anthroponymie

Petites devinettes pour commencer :

Monsieur et madame Honault ont une fille, comment s’appelle-t-elle ? … Alors ? … KIM ! Kim Honault.

Et le prénom de la fille de monsieur et madame Durine ? C’est un prénom composé … Anna-Lise ! Anna-Lise Durine.

Allez encore une : monsieur et madame Issier ont un fils ? Facile…                              C’est Paul, Paul Issier.

Bon, ça c’est de la blague mais que dites-vous d’Henri Cochet (un ricochet)? Un des plus grands joueurs de tennis français (1901-1987). Et le prénom de monsieur Bouton (1847-1938) inventeur de génie, créateur du premier vélomoteur ? Thadée ! Mais franchement, ils pensaient à quoi les parents au moment de baptiser leur fils ? Thadée Bouton (t’as des boutons)! Tout comme les parents de la petite Meghane Renault. Les Defrance ont, quant à eux, donné 3 prénoms à leur fille : Marie, Antoinette, Reine Defrance. (Marie Antoinette, reine de France)

Humour ou inconscience ? Quand on interroge les parents sur ces associations douteuses, ils répondent qu’ils ne s’en sont pas vraiment rendu compte, que c’était tout à fait involontaire (j’ai du mal à y croire, parce que si eux n’y ont pas pensé, j’imagine que l’entourage ne s’est pas gêné ; moi, quand enceinte j’ai dit Eliott pour un garçon,  »c’est un nom de chien » ! et pour la fille Bénédicte ?  »Pffffff ça fait mayonnaise ». Ça calme !

Mais il y a quand même plus grave, certains noms de familles peuvent être de sacrés boulets et vous pourrir une vie. Pas facile à porter, les Bâtard, Cocu, Garce, Lapute, Monsallot et autres Brisecul, Grossin, Lanusse, Sèchepine ou Lacrotte. Heureusement pour les personnes qui souffrent de cet héritage, les procédures pour changer de patronyme ont été simplifiées depuis 2002. Il n’est plus nécessaire de passer par un avocat, c’est moins long et moins coûteux. Évidemment le Conseil d’Etat peut rejeter une demande sauf dans le cas d’un patronyme à caractère obscène ou insultant.

Pourtant à l’origine, ces noms mal-sonnants n’avaient pas tous la signification qu’on leur prête aujourd’hui, monsieur Bordel, par exemple, était appelé ainsi parce qu’il habitait une petite cabane en planche, Lanusse, lui vivait dans une lande déserte, et Lecul et Ducom dans le fond de la vallée. Les 4200 Crétins qui vivent en France ne descendent pas forcément d’un abruti, mais plutôt d’un dénommé Christian. Bon le premier Couillu était sûrement, de notoriété publique,  »bien monté », mais à l’époque, les gens bougeaient peu, et on était habitué à la présence séculaire des familles Lapisse, Taré, Pourrit… Tout s’est compliqué avec la mobilité ! Lorsque les Connards, Salope, et autre Fayot ont quitté  »le pays » pour s’installer ailleurs, ils ont dû renouer avec les mauvaises blagues, les insultes, les humiliations.

N’oublions pas qu’à l’origine, les individus étaient  »désignés » par leur métier (Boulanger, Brasseur, Potier…), par un détail de leur anatomie (Leborgne, Petit, Legros…), par une qualité (Gentil, Lebon…), l’endroit où il vivait (Dubois, Delamare, Castagne près d’un châtaignier…). Au Xième siècle, le processus de création des noms de famille s’amorce. Au XVième, le pouvoir politique réglemente, en 1539 François Ier confie aux curés la tâche de tenir à jour des registres d’état civil. Avec la Révolution, les registres quittent les églises pour s’installer dans les mairies. En 1870, l’apparition du livret de famille fige définitivement les noms de famille.

Aujourd’hui, les patronymes les plus portés sont : Martin, Bernard, Dubois, Thomas, Robert. Le fameux Dupont n’arrive qu’en 26ième position. Évidemment tout dépend de la région, en Corse par exemple, le plus porté est Casanova, suivi de Luciani et Agostini ; en Moselle, ce sont les Muller qui dominent ; dans les Pyrénées Orientales, les Garcia ; dans le Nord, les Lefebvre et dans l’Aveyron, les Bousquet.

Martin est présent dans la plupart des régions, d’où sa place de vainqueur. Tiens en parlant de vainqueur, Douillet, vous trouvez que ça fait champion ? Et pourtant… Certains ne portent pas très bien leur nom, pour d’autres par contre, ça le fait bien :

1914, l’assassin de Jaurès ? Raoul Villain                                                                    Jean-Louis Cheminée → vulcanologue                                                                         Pierre Ducimetière → épidémiologiste                                                                            Jean Lacrampe → médecin                                                                                      Édouard Chatton → biologiste

Je me souviens que petite, j’étais fascinée par le nom écrit sur la devanture du bistro du village voisin « Jean Meurdesoif ». Ça ne s’invente pas ! Je trouvais que la vie était bigrement bien faite. Moi, j’aurais voulu m’appeler Marcelline Stendhal (?!) mais aurais-je été à la hauteur ?

Et les Balzac, Chopin, Chanel, Delon… Comment vivent-ils leur notoriété ? 😉

PS : Tous les patronymes de cet article existent, je ne les ai pas inventés. Je les ai trouvés sur les sites de généalogie ou dans les pages blanches. Il en existe beaucoup d’autres, des drôles, des gênants, des importables, des  »à se tirer une balle »…

Et vous, êtes-vous content du vôtre ?

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2 réflexions au sujet de « Lola enquête sur l’anthroponymie »

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