Lola lit ‘Le Fils’

Le thème de ce livre est tragique, la mort d’un enfant, chagrin insurmontable, deuil impossible, le pire drame d’une vie de parent. Comment réussir à vivre après  »ça » ?

Je ne suis pas fan des livres témoignages en général, pas par manque de compassion mais ces lectures ne m’apportent rien d’autre qu’un profond malaise + une période d’insomnie + une grande tristesse. Donc parfaitement inutile ! C’est vraiment le genre de sujet que je fuis.

le-filsSauf que dans ‘Le Fils’ de Rostain, le narrateur, ce n’est pas le parent abattu de douleur qui crie, qui pleure, qui ne comprend pas, qui se demande pourquoi, qui se bat ou au contraire baisse les bras et avec lequel on souffre, impuissants.

Ici celui qui raconte c’est Lion, le fils perdu, emporté à 21 ans par une méningite foudroyante. C’est lui qui raconte les circonstances, la douleur, le chagrin, les questions, les regrets, la culpabilité, le combat pour ne pas sombrer.

Il observe son père, commente ses faits et gestes, ses émotions sans pathos, avec clairvoyance, ironie, un peu de cruauté parfois mais il y met tellement d’amour, de tendresse et d’humour. Parce qu’il est taquin Lion, il se moque gentiment de son père qui s’accroche ; comme pour la couette qu’il doit apporter à la teinturerie, (c’est un déchirement, on comprend, elle porte l’odeur de Lion), dans laquelle il enfouit encore son nez pour sentir son fils une dernière fois. Et aussi, quand ses parents voient en l’éruption du volcan islandais Eyjafjöll (vous vous souvenez en 2010), un signe de leur fils puisque c’est à ses pieds qu’ils ont dispersé les cendres de Lion.

L’abominable est raconté par un jeune homme de 21 ans alors le ton est spontané, détaché, le style actuel, moderne et plein de vie, d’énergie ; Rostain évite ainsi tous les écueils. En imaginant ce qu’aurait pensé son fils, il nous livre un témoignage poignant mais jamais larmoyant, où règne l’optimisme.

Le message est clair  »la mort fait partie de la vie »,  »la vie continue », c’est terrifiant mais c’est ainsi…

Alors évidemment il a attendu 7 ans avant de nous livrer cet écrit et on imagine que ce délai était nécessaire, que le temps qui est passé a apaisé pour finalement permettre de faire de ce récit du deuil de son fils unique, un hymne à la vie.


Michel_Rostain_-_102

Michel Rostain né en 1942 est metteur en scène d’opéra. Il a fondé une compagnie de théâtre lyrique et musical en 1978. Son premier roman  »Le Fils » a reçu le prix Goncourt du premier roman en 2011. Il nous parle de son livre dans cette interview :     http://www.oheditions.com/spip.php?page=interview&id_article=155

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2 réflexions au sujet de « Lola lit ‘Le Fils’ »

    • oui, je vous le recommande vivement, il dégage beaucoup d’amour. Ce qui est incroyable, c’est que parfois, on a le sourire, oh bien sûr, on ne se tape pas sur les cuisses, ça reste la terrible histoire de la perte d’un enfant mais la tendresse, l’amour nous emplit. J’espère que vous ressentirez la même chose que moi. Au plaisir Céline et merci

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